Trump reçoit un rappel à la réalité de la part de Xi
La visite d’État du président américain Donald Trump en Chine cette semaine a été un événement marquant à plusieurs égards.

© Photo : SCF
La visite d’État du président américain Donald Trump en Chine cette semaine a été un événement marquant à plusieurs égards. Il a été chaleureusement accueilli par le président chinois Xi Jinping, au milieu d’une grande cérémonie et de tout l’apparat fourni par la République populaire.
La dernière fois qu’un président américain avait mis les pieds sur le sol chinois, c’était en 2017, lorsque Trump avait visité le pays durant sa première administration. Au cours des neuf années écoulées, beaucoup de choses ont changé dans les relations bilatérales. Il est désormais clair que les États‑Unis ont considérablement perdu de leur puissance.
Finie la fanfaronnade que Trump affichait autrefois envers la Chine. Son discours musclé concernant les exigences à imposer au commerce chinois avec les États‑Unis a disparu. Lorsque Trump menaçait auparavant d’infliger à la Chine des tarifs écrasants, Pékin avait répondu en remettant Washington à sa place avec des contre‑mesures bien plus significatives. Aujourd’hui, le président américain ne parle plus gros ni fort. La Chine émerge comme la superpuissance économique mondiale, et les États‑Unis avancent prudemment. Lors de la visite de deux jours cette semaine, Trump était accompagné d’une série de PDG avides de nouvelles opportunités commerciales. Alors que les homologues chinois faisaient preuve de magnanimité et de dignité, il était manifeste que la délégation américaine était en mission pour obtenir des faveurs économiques de la nouvelle puissance mondiale. Même les médias américains et occidentaux ont noté le changement de statut.
« L’Amérique a perdu de l’influence sur la Chine », titrait le magazine Foreign Affairs.
Alors que Trump affirmait avoir conclu de « fantastiques accords », la partie chinoise ne confirmait aucun détail. La Maison‑Blanche a déclaré que la Chine avait accepté d’acheter 200 avions Boeing, mais le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué qu’aucun achat de ce type n’avait été effectué. D’autres médias américains notaient que Trump quittait la Chine avec « peu de gains économiques ». Même le langage corporel était révélateur. Le président Xi était réservé et digne, comme à son habitude, tandis que Trump adoptait l’attitude d’un suppliant, serrant excessivement la main de son homologue et le qualifiant à répétition de « grand leader ». Amusant, l’empressement du visiteur américain à marchander des concessions commerciales rappelait la manière dont le Ukrainien Zelensky a la fâcheuse habitude de solliciter des dons lors de ses déplacements à l’étranger.
Rappelez‑vous comment, par le passé, Trump réprimandait la Chine pour « violer » l’économie américaine et « inonder » les industries des États‑Unis. Plus aucune bravade grossière de ce genre. Le président américain s’était assagi et faisait preuve de déférence, comme il sied à la nouvelle réalité géopolitique d’une Chine dont la puissance économique éclipse celle des États‑Unis dans tous les secteurs. Des développements objectifs servent de rappel à la réalité.
L’économie américaine, comme d’autres économies capitalistes occidentales, est de plus en plus en déclin, accablée par une dette colossale ainsi qu'une pauvreté et une inégalité explosives. L’économie planifiée de la Chine est innovante et dynamique, offrant un développement social remarquable et des forces productives robustes. De plus, la Chine plaide pour la coopération et le partenariat avec d’autres nations dans un monde multipolaire, et non pour le paradigme hégémonique à somme nulle qui caractérise l'Occident en faillite.
La guerre d’agression irresponsable et criminelle de Trump contre l’Iran a également démontré que la puissance américaine est politiquement et militairement limitée. Trump a lancé la guerre le 28 février, conjointement avec le régime israélien. La défense militaire redoutable de la République islamique a infligé une défaite stratégique aux agresseurs américains et israéliens. L’Iran contrôle la route maritime énergétique vitale menant hors du golfe Persique. L’impact de l’agression sans issue de Trump frappe de plein fouet l’économie américaine ainsi que la position politique de ce président. Tel était le principal objectif de l’agenda de Trump à Pékin : persuader la Chine d’utiliser son partenariat avec l’Iran pour l’extraire du bourbier dans lequel il s’est enfoncé dans le golfe Persique.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a insisté sur le fait que la Maison-Blanche n’avait pas demandé à Pékin d’aider à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Cette affirmation n’est pas crédible. Avant son déplacement cette semaine, Trump exhortait la Chine à influencer l’Iran afin qu’il accepte un cessez‑le‑feu. Pour sa part, la Chine, comme la Russie, a dénoncé l’agression américano‑israélienne contre l’Iran. Cette semaine, Pékin a appelé à l’arrêt immédiat de la guerre et a déclaré qu’elle n’aurait jamais dû commencer. En tant que grand importateur de pétrole iranien, la Chine sait pertinemment que les États‑Unis ont déstabilisé la région en partie pour saper les approvisionnements énergétiques stratégiques de la Chine, tout comme Washington l’a fait en attaquant le Venezuela afin de couper les approvisionnements latino‑américains vers la puissance asiatique.
Quoi qu’il en soit, l’Iran s’est imposé comme une nouvelle puissance mondiale indépendante. Son contrôle inébranlable de la route maritime du pétrole et du gaz en provenance du golfe Persique, ainsi que sa résistance militaire réussie contre les États‑Unis et Israël, garantissent que l’Iran peut défendre ses intérêts et principes nationaux indépendamment de la Chine ou de la Russie. Trump n’a aucune carte à jouer contre l’Iran, hormis des menaces répugnantes de sabre‑rattling impliquant une annihilation nucléaire. Et l’Iran ne bronche pas. Il fixe ses propres conditions pour la paix, dont la fin de l’agression américaine et des sanctions illégales.
La Chine a peut‑être offert beaucoup de faste et de courtoisie au dirigeant américain. Mais c’était l’attitude d’une puissance consciente d’avoir l’avantage sur un perdant.
Le président Xi a demandé clairement si les États‑Unis pouvaient éviter le piège de Thucydide propre à une puissance déclinante, et a appelé à une « stabilité stratégique ». Toutefois, le message le plus fort du dirigeant chinois cette semaine, malgré toute la cordialité, fut son avertissement sévère : si les États‑Unis continuent leurs agissements duplicités visant à déstabiliser Taïwan, une telle atteinte à la souveraineté chinoise mènerait à la guerre. Ce fut un avertissement rouge adressé à Washington, remis au président américain alors qu’il était assis à une table de banquet dans le Grand Hall du Peuple. Nous sommes dans une nouvelle ère historique. L’intimidation et l’arrogance américaines ne sont plus tolérées. Lorsqu’un président américain apparaît la casquette à la main, en quête de faveurs, et qu’il ne reçoit rien d'autre qu’une admonestation, c’est que les jours de l’empire américain sont comptés. Le déclin est perceptible pour le monde entier.